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La force de recommencer

Je m’expatrie au moins un an au Québec à partir d’août. J’y reprendrai des études en journalisme tout en travaillant. J’aurai donc moins de temps à consacrer à Aquilon. Voilà pourquoi…

Pop ! Je les réservais pour une victoire. J’ai préféré les ouvrir pour l’anniversaire de mes vingt-huit ans, entouré de mes amis. Comment ai-je eu les moyens de m’offrir ces deux bouteilles de champagne ? Grâce à mon poste de réceptionniste de nuit et aux quelques cadeaux qu’il permet de recevoir.

Depuis cinq ans je voulais voir ma situation d’artiste en développement comme la traversée de l’enfer par Dante, temporaire. Il aurait donc été logique que j’en réserve les ersatz de paradis pour fêter une progression concrète vers le véritable éden, celui dans lequel j’aurais pu me procurer le minimum vital – et le champagne à l’occasion – grâce à mes créations.

Ai-je du talent ?

J’ai toutefois fini par penser que je n’étais peut-être pas Dante ; que la formule inscrite sur la porte des enfers « toi qui entre ici, abandonne toute espérance » était peut-être destinée à moi autant qu’à la quasi-totalité de leurs occupants, jeunes loups et vieux briscards, excellents, médiocres et mauvais, dont les carrières continueront de stagner sans qu’ils en sachent la raison et dont les médias ne parlent jamais.

Je suis bien entendu dans la même ignorance. Ai-je du talent ? Par définition, les personnes qui n’en ont pas manquent des compétences nécessaires pour s’en apercevoir. Ai-je un potentiel commercial ? Je développe une carrière artistique depuis cinq ans, dont seulement deux avec Aquilon, quand la plupart des professionnels racontent avoir lancé les leurs en dix. Mais les signes d’une réelle progression tardent à venir. Et le temps semble long la nuit, seul à un bureau de réception.

“J’espère que tu vivras une vie dont tu seras fière”

Alors, j’ai débouché mes bouteilles de champagne et les ai servies avec toute la classe du serveur d’hôtel quatre étoiles que je suis devenu. De toute façon, je ne voulais pas les trimbaler en avion. J’avais pris ma décision. A partir d’août 2018, je passerai un an à Montréal ! Peut-être même deux. Voire plus encore, qui sait ? Après les confinements nocturnes, les grands espaces ; après la solitude, un peuple ouvert et accueillant ; après la lassitude, la découverte d’une autre culture, fière de sa francophonie ; après le travail alimentaire, une occasion de redevenir journaliste !

Vous vous souvenez peut-être du passage de la lettre que le personnage joué par Brad Pitt écrit à sa fille dans l’adaptation au cinéma de l’Etrange Histoire de Benjamin Button : « tu peux changer ou rester la même, il n’y a pas de règle pour ça. On peut en tirer le meilleur ou le pire. J’espère que tu en tireras le meilleur. J’espère que tu verras des choses qui te surprendront. Que tu ressentiras des choses que n’avais jamais ressenties. Que tu rencontreras des personnes qui ont un point de vue différent. J’espère que tu vivras une vie dont tu seras fière. Et si tu découvres que ce n’est pas le cas, j’espère que tu auras la force de tout recommencer. »

Voilà ce que je pense devoir faire aujourd’hui : recommencer. Pas tout néanmoins. Aquilon perdurera. Mais je ne peux pas vous promettre de rester aussi actif dans ce projet que ce à quoi je vous ai habitués, avec la diffusion sur Internet d’un nouveau contenu le quinze de chaque mois par exemple. Si vous le regrettez, les mots de soutien, le visionnage, l’écoute, le partage et l’achat (via Bandcamp) de mes contenus sont vos solutions pour m’encourager, ainsi que tous les artistes confidentiels qui, par leurs efforts, contribuent à la diversité des points de vue sur l’existence. Et peut-être que grâce à ma nouvelle vie et à vous, je retrouverai le feu sacré et qu’un mot reprendra toute son importance pour moi : pop !

Cédric Thévenin

Aquilon souffle sa 1ère bougie

Aquilon a été lancé le 15 septembre 2016, il y a presque un an. C’est l’occasion pour Cédric de dresser un petit bilan avant de reprendre l’aventure de plus belle !

Pfuit ! C’est le bruit d’Aquilon qui souffle sa première bougie. Cette action est a priori simple pour un vent du Nord fort et froid. Il n’en est rien après qu’il se soit abattu de toutes ses forces sur le public, sans décoiffer autant de spectateurs que son nom le laissait supposer. Pfuit ! C’est aussi l’effet que j’ai eu l’impression de produire à travers lui, un an après le plouf ! de mon plongeon dans cette aventure. De là à parler de flop, il n’y a qu’une brasse, mais que je ne ferai pas.

En effet, vous êtes là, avec votre attention et vos compliments. Vous vous déplacez pour me voir en concert jusqu’à remplir parfois de petits bars. Votre nombre s’élève à un peu moins de 150 sur ma page Facebook. Tout ça est peu mais énorme à la fois. Quel artiste ayant l’ambition de souffler le froid à la tête des gens pourrait prétendre au succès de M. Pokora, un an seulement après son lancement ?

Certains d’entre vous m’ont même empêché de perdre le Nord (pour Aquilon, c’eût été fatal), donné des conseils avisés, des coups de main précieux ou une rémunération à mon travail. Je les remercie du fond du cœur, j’espère qu’ils se reconnaîtront.

Essayer d’amuser, d’émouvoir, de faire rêver et méditer à travers Aquilon est de toute façon le seul cap semblant me correspondre aujourd’hui, que le succès ou une rémunération susceptible de me faire vivre en soient ou non la récompense. Malgré les difficultés que ça représente, je reprends donc Aquilon avec une motivation renouvelée ! Je prévois de nouveaux concerts et de nouveaux contenus à diffuser le 15 de chaque mois (sur Facebook, Twitter, Youtube).

J’ai toutefois plus que jamais besoin de vous ! En me gratifiant de vos avis après les concerts ainsi que de pouces bleus, de commentaires et de tweets sur Internet ; en partageant mes contenus ; en amenant vos proches à mes spectacles ; en m’engageant à jouer chez vous en représentations privées ; en achetant mes titres sur Bandcamp (au prix que vous voulez !) ; en lâchant 200€ ou 20 centimes dans mon chapeau ; en m’aidant à transporter un ampli ou en me proposant des collaborations artistiques intéressantes, vous donnez un sens à mes efforts, vous me motivez, vous me faites progresser et me permettez de vous souffler un air toujours plus frais !

Cédric Thévenin

Keep rockin’ ! (photo : Robin Ood – Le Klein Open Mic)

Une nouvelle coécrite par Cédric Thévenin sur Littenter

Cédric Thévenin mène des projets littéraires. Il a notamment écrit une nouvelle avec Benoît Macquart, primée au concours de Fontaine-Française et parue sur Littenter. Cette activité est menée parallèlement à Aquilon. Elle contribue néanmoins à le façonner.

Une deuxième place au concours de Fontaine-Française et la parution sur Littenter d’une nouvelle ayant des connexions avec Aquilon m’autorisent à évoquer mes activités d’écriture et la façon dont elles façonnent mon projet musical. Ce n’est pas pour rien que son nom a des connotations littéraires  !

Mon apprentissage de la dramaturgie auprès de J. M. Roth, C. Vogler et J. Truby ainsi que la lecture de J. Campbell ont bouleversé mon approche de la composition et, bien sûr, de l’écriture. A plus forte raison qu’ils ont révolutionné ma vie  !

Je regrette que l’apprentissage de l’écriture soit méprisé par beaucoup. La vulgate veut en effet que la création ne procède que d’une divine inspiration, d’un génie personnel forcément unique… sans voir que cela n’aboutit souvent qu’à faire mousser en vain un petit caca d’égo.

Pourquoi l’Humain raconte-t-il des histoires et chante-t-il des chansons depuis la nuit des temps, partout dans le monde  ? Pourquoi les spectateurs acceptent-ils de passer autant de temps à les écouter (et parfois même à dépenser de l’argent pour ça)  ? Se poser ces questions et tenter d’y répondre a donné un sens à ma musique, à mon écriture et, par extension, à mon existence. D’autant plus  si ces activités aident effectivement les autres à trouver une signification à la leur, en plus de les amuser.

J’ai décidé, dans le cadre d’Aquilon, de le faire en soufflant le froid et en réveillant ouvertement vos démons, sous une forme poétique, plus rarement narrative. C’est pourquoi la lecture de la nouvelle intitulée Le Ciel Après la Tempête, écrite par Benoît Macquart et moi, y est complémentaire.

Je prépare une vidéo avec mon coauteur. Elle sera diffusée dans quelques mois. Nous y expliquerons notamment les liens entre Aquilon et le roman de H. Murakami : Kafka Sur Le Rivage. Une autre manière de faire un pont entre mon projet musical et la littérature  !

Scènes Francophones chronique Premiers Souffles

La première chronique sur Premiers Souffles a été publiée. Elle se trouve sur l’excellent webzine musical Scènes Francophones.

Fier et ému. Ce sont mes sentiments à la lecture de la première chronique sur Premiers Souffles. Le webzine Scènes Francophones l’a insérée dans son article : 3 titres de la rentrée. Prenez le temps de découvrir cet excellent site. Les artistes émergents ont besoin de soutien et ceux qui chantent en Français encore plus. L’équipe de Scènes Francophones le fait avec brio. Elle montre qu’il existe encore de la diversité dans les musiques actuelles ainsi qu’une utilisation nouvelle et enthousiasmante de notre langue. Les groupes qu’elle met en avant n’ont besoin qu’un peu d’attention de votre part  pour vous séduire et sortir de l’ombre !

Aquilon se jette à l’eau

Aquilon se lance officiellement aujourd’hui. Il se produira en concerts le plus tôt possible. Il diffusera chaque mois de nouveaux contenus sur les réseaux sociaux. Devant ce programme, voilà mon état d’esprit…

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Plouf ! L’eau du bain des auteurs-compositeurs-interprètes est froide. Mais il paraît qu’elle peut devenir bonne. Il y a longtemps que je ne m’y étais pas jeté. J’ai voulu servir d’autres talentueux nageurs, dans Hoffender et La Mirastella. J’ai fait des détours par les bassins des journalistes, des comédiens et des scénaristes – l’eau n’y était pas plus chaude, mais j’y ai appris de super techniques de nage.

Puis, la marée m’a ramené au point de départ : ce plongeoir auquel on ne peut accéder qu’après avoir enlevé son slip et sur lequel on doit quand même faire en sorte d’être observé – en gueulant, en faisant un zizicopter… c’est vous qui voyez.

On se prend tous un jour sur le coin de la gueule un paquet d’eau froide et salée.

Je peux vous dire qu’être là-haut, tout nu, ça fait froid. En plus, après huit ans passés dans des eaux glacées, j’avais la chair de poule avant même d’y remonter. Mais contrairement à mes débuts, je sais apprécier cette sensation. Après coup, elle me fait parfois rire. Sinon, je trouve qu’elle rend beau – pas physiquement, je vous l’accorde.

Je me suis donc dit que je pourrais souffler le froid à la tête des gens. Pour me marrer, un peu, et leur montrer qu’il rend la musique et la vie belles. Parce que, ne vous leurrez pas, même abrité dans une crique ou sous un imperméable, on se prend tous un jour sur le coin de la gueule un paquet d’eau froide et salée. Autant savoir l’apprécier. Voilà pourquoi c’est à coups d’Aquilon que j’ai décidé de me faire remarquer. Et pas en faisant un zizicopter – j’en suis désolé.

Aquilon se lance en septembre

Tic, tac, tic, tac… Le compte à rebours arrive à son terme. Aquilon se lèvera sur le monde en septembre, après la rentrée. Mais vous êtes des météorologues de la musique. Vous voulez savoir d’où vient le vent pour que le public puisse tourner avec. Ou bien des aventuriers souhaitant profiter de sa fraîcheur avant les autres. Chanceux ! Ecoutez Aquilon, regardez-le, informez-vous sur lui. Et si vous l’aimez, n’oubliez pas qu’ici, il est de règle de le souffler à vos voisins. Bonne écoute !

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